Site Officiel De Mohamed Sibari

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 Jorge de Barnola

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Nombre de messages : 328
Localisation : Maroc
Date d'inscription : 28/12/2006

MessageSujet: Jorge de Barnola   Mer 10 Jan - 20:10

PROLOGUE



J'ai connu Mohamed Sibari le 23 août 2003. J’ai cette date gravée de sa main, parce qu’après quelques cafés partagés avec lui, le matin au café Central, il est allé à la librairie la plus proche et m'a apporté comme cadeau les Histoires du Hammam et la seconde édition des Contes de Larache.

Sa générosité me surprit étant donnée que nous nous connaissions à peine, bien que nous soyons devenus des frères immédiatement grâce au vice de la littérature.

En tombant sur les Contes de Larache, je suis revenu sur mes premiers souvenirs du Maroc qui remontaient à un an et demi, période où j’avais trouvé ce même livre entre les mains d’un étudiant de Philologie Hispanique de l’Université Mohamed Ben Abdellah de Fez.

C'était un garçon qui étudiait à la deuxième année de la fac et portait le livre de Sibari comme si c’était sa Bible.

Ce qui est certain c’est qu’actuellement tout livre de Sibari, nous parait sacré (Nous qui le suivons et qui sommes ses disciples inconditionnels), et son prophète larachois mériterait une Semaine Sainte (mais sans Carême, s'il vous plaît, car ceci est une festivité avec tout ce qu’il y a de légal).

Sibari est en ce moment la grande référence de la littérature marocaine de la langue de Cervantès. Il se distingue par son amitié, sa fraîcheur, son savoir conter. Si nous étudiions son oeuvre dans son ensemble, nous verrions combien elle cohérente, combien elle est méticuleuse, car ce que fait Sibari depuis 1993 est arrivé en chevauchant à dos de Le Cheval , pour nous conter en code picaresque l'histoire du Maroc depuis le Protectorat espagnol jusqu'à nos jours.

Lire Sibari est une matière de premier ordre pour ceux qui veulent connaître notre voisin du sud et spécialement, Larache. Larache comme microcosme, comme sa cosmogonie, comme un petit monde qui cerne dans sa singularité les singularités de toutes les villes.
Si nous nous reportons à ce que disait Balzac sur la particularité des choses, qui est beaucoup plus intéressante que ce qui est générique, nous verrons que Sibari forge dans ses livres des particularités qui nous aident à comprendre l’univers marocain en général.

Je disais que les Contes de Larache me menait à un passé proche, quand j’essayais de faire mon petit bout de chemin à Fez en donnant des cours d'espagnol.
Cette tentative fut un échec, toutefois un an et demi après, je me suis trouvé à Larache, avec un permis de travail que m’avait obtenue mon amie Sonia (compagnon des fatigues à l'Université Complutense de Madrid, et arabisante efficace, non comme celui qui écrit ces lignes).

Je suis arrivé à Larache avec ma femme Soumaya Midou pour passer le temps qu’il fallait afin de lutter contre les détours bureaucratiques et obtenir la liberté, loin du Minotaure des frontières.

Le permis en question était de m’occuper de quatre enfants du collège Luis Vives, auxquels j’allais donner des cours de soutient comme professeur particulier.
L'expérience avec Salima, Mehdi, Ismail et Hicham fut admirable. Beaucoup d’autres enfants viendront ensuite, mais à ce moment là le Minotaure restait dans son Labyrinthe, et Soumaya et moi décidâmes d'entreprendre de nouvelles aventures.

Depuis que je suis arrivé à Larache, j'ai considéré comme prioritaire de connaître Mohamed Sibari (ce livre que brandissait l'étudiant Hispanique un an et demi auparavant était toujours dans ma tête, et bien que j'aie plongé dans les librairies de Fez et dans celle de Moyano si particulière au Lido juste à côté du quartier de l'Atlas, je ne pus parvenir à trouver l'auteur larachois : ses livres étaient un trésor convoité, c'est pourquoi il était impossible de le trouver à Fez).

En réalité j’étais enthousiasmé de fréquenter tout ce mouvement appelé A.E.M.L.E (Association des Ecrivains Marocains de Langue espagnole), et la rencontre fut une expérience très enrichissante.

Comme je l’ai laissé entendre au début de ces notes à la hâte, Sibari me reçut avec sympathie et affection. Ce n'est pas parce que je lui tombais bien (ou oui, je ne sais pas), mais c’est que Sibari avait (et il a) ce tempérament avec ceux qui cherchent une bonne amitié.
Il me gâta, s’occupa de moi et me conseilla sincèrement. Ce n’est pas pour rien que lui, il était le vétéran, et moi l’apprenti.

Je prenais tous les matins le café en sa compagnie, je mangeais souvent chez lui, nous faisions de longues promenades à Larache, nous jouissions de l'hospitalité des responsables de la Maison de l'Espagne et fêtâmes le Jour de l’Hispanité avec son bon ami le Consul Général d'Espagne JR Remacha, à Tanger.

Il me racontait des histoires sur les gens de Larache (beaucoup d’entre eux sont dans ses livres, véritables mosaïques de ses expériences), nous conspirions (véritable office du café) et nous nous contions des blagues.

En somme : je me le suis passé en grand, car la jouissance au vrai sens du terme etait garantie avec Sibari. Une jouissance intellectuelle, sans apprêts, sans épices, sans frivolités qui obscurcissent le caractère et le rendent trouble.
Non, la compagnie de Sibari était celle du camarade, celle du tuteur, celle du compagnon d'armes.

Avec Sibari j'ai aussi connu l’ensemble de l'A.E.M.L.E. Et il m'a donné l'occasion de participer à l'histoire de l'Hispanisme au Maroc, en participant dans une colonne hebdomadaire publiée à la Dépêche de Tanger.
J’ai sauté de joie la première fois qu’il me l'avait proposé.
« J'ai besoin d'une photo de toi », m'a-t-il dit. « Pour quoi faire ? ». « Pour qu'elle sorte avec tes textes ». « Mais… il suffirait que mon nom sorte», ai-je dit. « Non, non. Ça doit être avec une photo ». « Mais pour moi seul le nom servirait. Jorge de Barnola est un timbre d'identité ! ». Et Sibari, qui ne savait comment faire pour me convaincre, dit : « Au Maroc nous faisons tout avec la photo ! ». Et une semaine après, apparut mon premier texte, et ma photo (moi, avec une face de pain qui faisait de la peine), mais mon nom n'apparaissait nul part. « M…, Sibarite !(C’est ainsi comme je l'appelle toujours) La photo est superbe, mais où est mon nom ? ». « C’est bizarre ». Sibari appela le journal et ils lui dirent que ce fut une erreur, qu’ils la corrigeraient dans le numéro d’après.
Une semaine après je suis sorti comme le Pr. Jorge (Pr. Pour le professeur, m’étais-je je), et finalement, au troisième numéro, j'apparaissais alors comme Pr. Jorge de Bartola.
Quand j'ai vu mon nom imprimé correctement, j’ai souri au fond de moi, satisfait de prendre part dans une publication qui avait beaucoup de mérite (Quoique j’aurais aimé que « le Pr. » disparaisse, car d’un professeur, je n’avais que peu).

La raison pour avoir mémorisé cet événement revient au fait que même si en ce moment là l’erreur me contrariait (compréhensible pour celui qui considère la littérature comme sacrée), elle me parait à présent comme l’un des souvenirs les plus tendres et les plus sympathiques de mon passage à Larache (bien qu'ils furent très nombreux).

Je peux aussi présumer d'avoir été avec lui tandis qu’il donnait forme à son livre El Babuchazo (Le Coup de babouche) (livre que je n'ai pas encore eu entre les mains, bien que j'aie lu et relu toutes les histoires dont il est composé, puisque les matins il m'apportait les originaux et me les laissait lire, me faisant les copies de chacune d’elles).
Je me souviens comment il joignait les doigts en simulant de soutenir un bulletin- babouche qu’il introduisait dans une urne.
« Tu vois ? C’est ainsi que sera la couverture. Une main introduisant le babouche dans l'urne électorale ».
C’est sans aucun doute une image ravissante. Mais comme je l’ai déjà expliqué, je n'ai pas le livre, c’est pourquoi je ne sais si c’est finalement celle-ci qui figure sur la couverture.

Une fois à Madrid avec Soumaya, je suivais à la mesure du possible la trajectoire de notre ami, et quand parut l'anthologie de Lorenzo Silva La Porte Des Vents, où se trouve Sibari avec de nombreux autres amis qui forment l'A.E.M.L.E, j'ai profité de cet heureux événement pour l'appeler. « Mohamed Sibari ? ». « Oui ? ». « Bonjour, je suis Lorenzo Silva ». « Mon vieux Lorenzo, comme vas-tu ? ». « Je t’ai appelé pour te dire que j'attends toujours El Babuchazo ». « Il arrivera bien, il arrivera bien ». « Non, Sibarite, je suis Jorge ! ». « Salaud. Je pensais que tu étais vraiment Lorenzo Silva ! ». « Ce n’est pas pour rien que nous nous ressemblons : les deux nous écrivons et aimons le Maroc ».

A part cet appel, j'ai essayé d'être en contact avec Sibari grâce à l’Internet, et j'ai eu avec tristesse les dernières nouvelles de notre ami.
Mais notre ami est avant tout un exemple de courage (comme me disait Manolo Cortés), noble et de bonne humeur, et nous savons tous qu'il continuera plus que jamais à nous enchanter avec ses histoires larachoises.

Selon notre dernière conversation, il préparerait une trilogie de Larache qui est née de nos plaisanteries du Café Central.

Les titres, que je lance d’ici comme une première, sont les suivants : De Larache au ciel, Larache mon amour et Larache for Ever. Après ce mouchardage, Sibarite, tu n'as point d'excuses. Je veux déjà te voir écrire ces livres !
Jorge de Barnola


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